Vivir Sin Ti

Genre : NR Catégorie : Novella 

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By Francisca’Graph

***

Synopsis
Une journée qui commence comme toutes les précédentes. Une journée banale. Une journée fade et amer … Encore une journée sans lui… Une semaine et même une année sans lui…
Comment continuer de vivre, quand tous vos repères sont morts avec le seul être qui donnait un sens à votre vie ?
Lyanna Esperenza, doit réapprendre à vivre sans le seul repère qu’elle avait et qu’on lui a arraché il y a un an : son père …

***

1 an avant.

Vrrr Vrrr Vrrr Vrrr
J’étais plongée dans le croquis de ma future robe pour le bal de promo quand le vibreur de mon téléphone m’oblige à relever la tête. Je le saisis et m’empresse de lire.
« Bébé, il faut trop qu’on aille au centre commercial samedi, c’est le début des soldes !  »
C’est Tyna, ma meilleure amie depuis que nous sommes hautes comme trois pommes. Elle habite à une maison à peine de la mienne. C’est comme ma soeur, nous sommes liées comme les doigts de la main. Nous deux, c’est comme avec l’homme de ma vie qui n’est autre que mon père, c’est à la vie, à la mort ! On ne peut pas vivre l’une sans l’autre. C’est ma moitié, ma vie, ma femme … Bref, c’est mon tout !
« OK bébé, je vois avec papa pour nous y poser ! »
Je connais d’avance la réponse de mon cher papa chéri et de plus je sais qu’il ne me laissera pas y aller les poches vides, qui plus est, sans que je le lui demande. Je ne sais pas ce que je ferais sans mon père… C’est mon seul repère depuis que je suis née. Je n’ai malheureusement pas connu ma mère car elle est morte en me mettant au monde… A ce qui paraît, je lui ressemble trait pour trait. J’ai hérité de son regard aussi bleu que l’océan et l’ében de sa chevelure qui cascadait sur ses épaules légèrement bronzées pour finir sa course juste au bas du dos. Mon père m’a donné en deuxième prénom celui de ma maman ; Espéranza. Je n’ai pas eu l’amour d’une mère mais mon père à joué les deux rôles et continu ce travail qu’il réussit à la perfection même si parfois, je l’admets je suis un peu capricieuse mais sans trop exagérer…
– Papou ?
– Oui ma poupette ?
– Papa, s’il te plaît, je n’ai plus dix ans tu sais !

Je le regarde d’une moue attendrissante.
– Pour moi, tu resteras toujours ma poupette !

Je ne cherche pas à rétorquer car je sais d’avance que c’est peine perdue.

– Dis-moi, tu peux nous poser au centre commercial, samedi ?
– Oui, bien sûr ! Pour quelle heure ?
– Vers onze heures. On mangera sur place avec Tyna.
– d’accord.

Il me fait un baiser sur le front avant de repartir vers son ordinateur pour écrire la suite d’ « Esperanza ». De mon côté, je ne tarde pas à répondre à ma chouquette.

[ C’est ok bébé! Dors à la maison, demain soir.]

*

Nous sommes à la cafette du centre commercial avec Tyna. Comme à son habitude, elle a pris un sandwich jambon-cru avec du chèvre et une légère touche de miel. Pour ma part, je me contente de ma salade chèvre chaud, couché sur un lit de miel accompagné de ses toasts. Une tuerie !
Nous ne sommes pas amies pour rien, avec nous le chèvre-miel, c’est une histoire d’amour éternel.
– Alors, ta robe, elle avance, chérie ? J’espère au moins que tu vas te la jouer princesse rebelle et sexy à souhait !
Ma meilleure amie me fatigue.
Pour l’an prochain, le thème de la promo, c’est «  en rouge & noir » , autant dire que Tyna, question idées, elle a de la ressource jusqu’a vouloir me voir percher sur dix centimètres de talon vertigineux et vêtue dans une robe qui épouserait mes formes, somptueuses, selon ma meilleure amie.
– je …
– Ce n’était pas une question, chérie mais une affirmation !
Ah, Tyna, tu m’épuises mais qu’est-ce que je t’aime !
Je ne vais pas perdre mon temps à épiloguer puisqu’au final, elle finira par avoir le dernier mot…
– Oui … Rouge sanguinaire avec un décolleté affriolant et un dos plongeant jusqu’à la naissance de mes reins !
– Hum, Esperanza Lyanna Salvatores ! Tu es une vilaine fille dévergondée !
– J’ai une bonne professeure en la matière, il faut dire !
Nous partons dans un fou rire incontrôlé au beau milieu de la cafétéria et pour dire vrai, on se moque totalement du regard des gens.
– Tu la porteras ?
– Et comment ! Plutôt deux fois qu’une Chérie !
– Parfait !
– Merci tu es une déesse !
– N’exagère pas non plus Tyna !
– Du tout !

*

Cette journée shopping est des plus bizarres mais intéressante. Tyna veut qu’on se la joue «  mannequin d’un jour » . On enchaîne donc les essayages tout en faisant les folles. Un top noir avec un short en jean puis une tunique rouge suivi d’une robe bustier. S’ensuit un leggings noir assortit d’un petit top parme, un petit coup coeur même qui va rejoindre ma garde-robe. Je suis abonnée aux leggings et sweats. J’aime me sentir à l’aise dans mes vêtements et rester classique, ce qui a le don d’exaspérer ma Tynette. Je souris à la pensée de ce petit surnom qui frise la liste des petits surnoms ringards, en y réfléchissant, il va même accompagner le surnom que mon cher papa m’a donné.

– Hey, mais tu es canon dans cette petite robe bustier rouge !
– Euh … Tyna ? Tu m’as bien regardé, là ?
– Je ne fais que ça chérie ! Tu es renversante ! On la prend et c’est non négociable !
Et quand elle dit que c’est non négociable, ce n’est même pas la peine de tergiverser avec elle. Une vraie teigne.
– Mouais, ok mais jamais de la vie tu ne verras avec ça sur moi.
Elle me lance son regard qui veut tout dire accompagné de son petit sourire malicieux. Je n’aime pas ça du tout …

vrrr vrrrr vrrr vrrr

– C’est ta mère, Tyna ! Tu as encore oublié de charger ton téléphone ou quoi ?
Je lève les yeux au ciel désespérément. Ah, Tynette, que vais-je faire de toi ?
– Allô, Cellya ?
– Lyanna
Je ressens un sentiment qui est tout sauf bon. Sa voix est étranglée comme si elle venait de pleurer.
– Oui, qu’il y a-t-il Cellya ?
– J’ai une mauvaise nouvelle ma chérie, un motard a grillé la priorité et …

Mon cœur  palpite plus que la normale, mes yeux me brûlent. Une marque humide se dessine sur mes joues.
Mes jambes vacillent, je sens qu’elle vont me lâcher.
Je m’écroule sur le sol de la cabine avant d’entendre la fin de sa phrase.
Aujourd’hui.
Le bal de promo est dans un peu moins d’un mois et je n’ai toujours pas avancé sur ma robe. Mes cheveux sont ternes, pas coiffés. Mes yeux sont bouffis et endurent ma peine depuis un an. Je me suis renfermée sur moi même et ne sors quasi plus de chez moi. Pour dire vrai, je n’en ai pas la force.

Je m’efforce de plancher sur mes dessins ou du moins j’essaie mais ils sont fades et sans vie, ils ne sont que tristesses et désespoirs. Mes esquisses sont aussi lamentables que moi. La voix de Keen’v qui retentit m’envoie un coup de poignard en plein cœur. la feuille de canson, se retrouve subitement victime du liquide qui inonde mes joues. MA robe de bal, que j’avais tenté de griffonner, ressemble à présent à la robe défraîchie et en lambeaux, d’une princesse qui aurait voulu se sauver de la foret de Maléfique.

 » Mais que ma peine me semble insurmontable
Et elle a fait fuir mon envie de vivre
Au fond je sais que je suis lamentable
J’attends seulement que l’on me délivre  »

Les paroles de la chanson me transpercent de plus belle et je me laisse aller …

 » Et on me dit ça va, aller,
Çà va aller mieux avec le temps a ce qui parait
Çà va, aller, mais a cette peine je n’étais pas vraiment préparé
Et on me dit ça va aller
Çà va aller
Et on me dit ça va aller
On me dit ça va aller.
Mon cœur lance des SOS
Mais personne ne les reçoit
Nul ne comprend ma détresse
Et a quel point je suis seul sans toi
Mon cœur lance des SOS
Mais personne ne les reçoit
Nul ne comprend ma détresse
Et a quel point je suis seul sans toi  »

La photo de l’homme de ma vie, dans mes mains, je lâche ce que j’ai sur le cœur.

– Oui, papa ! Je suis seule sans toi. Je sais que je t’ai promis de ne jamais baisser les bras mais dis-moi comment je vais faire sans toi. Qui me fera mon chocolat chaud avec mes cookies préférés, que tu me préparais le soir avant d’aller me coucher lorsque j’avais le cœur en peine ? Qui me prendra dans ses bras pour me remotiver ? Qui me parlera de ma mère comme tu le faisais ? Qui ? Pourquoi ! Pourquoi on t’a enlevé à moi ?

Je décharge tout ce poids qui m’étouffe depuis ce triste jour.

– Je ne t’entendrais plus m’appeler par ce surnom, noté en rouge sur ma liste des surnoms ringards, qui me faisait tant railler.

– Ma poupette ?
– Papa, s’il te plaît, je n’ai plus 10 ans, tu sais !
– Pour moi, tu resteras toujours ma poupette !

Je m’endors sur ce souvenir, les yeux humides, le cadre dans mes bras …

A suivre … 

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