Me Enamore

Évan & Soline ne sont plus des enfants…
10 ans ont passé depuis leur premier baiser, un soir d’été…
Mais Évan, ne l’a pas oublié…
Un symbole les unissait, est-ce toujours le cas… ?
Un amour d’adolescent peut-il renaître des années après… ?
***
– Toi et moi, c’est fini, tu m’entends ? Je ne peux pas continuer à vivre avec les fantômes de ton passif…
Elle me jette au visage un paquet de lettres, accompagné de photos… Je n’y crois pas, elle s’est permise de fouiller dans ma boîte à souvenirs…
Je vois rouge, personne à le droit de mettre le nez dedans à part moi !
Ce sont mes fantômes à moi et à moi seul… Si j’ai envie de vivre avec les seuls souvenirs qui me raccordent à mon premier amour c’est mon choix !
Je saisis le paquet de lettres et en fait tomber un objet…
« C’est un signe… » pensé-je.
10 ans après, mon bracelet est encore intact, il représente plus qu’un simple symbole à mes yeux… Il signifie L’amour éternel… L’infini… Un amour sans fin…
Je nous revois encore sur cette plage où nos regards se sont croisés ce fameux soir d’été !
Il fait une chaleur horrible et l’air est juste irrespirable en journée. Mes parents ont leur soirée et moi j’ai la mienne du côté de la plage où tous les ans, les ados de mon âge se rejoignent. Avec Lucas et Roman, on décide de jouer au jeu du cap ou pas cap.
Lucas et Roman sont des potes depuis maintenant cinq ans, nous nous sommes connus ici et nos parents ont sympathisé, ce qui fait que l’on se retrouve tous les ans pour les vacances !
– Évan ! Cap ou pas cap d’embrasser la première fille qui passera devant nous ?
– Je n’ai rien à perdre, on est jeune alors Cap !
On tâte du ballon avec mes potes et on discute de tout et de rien sauf du lycée ! On veut profiter des vacances au max, donc le lycée on le met de côté.
– pisst Évan, brune en approche… Allez poto c’est à toi !
– OK, t’inquiète frère, c’est du tout cuit !
La brunette passe devant moi, je l’attrape par la main, lui fait faire volte-face et une fois sa bouche près de la mienne, je pose mes lèvres sur les siennes ! Elle ne comprend pas ce qui vient de se passer.
– Défi réussi ! Crie Roman
– Défi ?
Au même moment elle plonge son regard bleu azur dans le mien d’un air interrogateur, ce qui me fait perdre tous mes moyens. Ses yeux sont d’un bleu aussi clair que l’eau des lagons, je pourrais me noyer dedans…
– Oui, on jouait à un jeu et mon pote m’a posé la question de savoir si j’étais cap d’embrasser la première fille qui passe devant nous…
Je ne la lâche toujours pas du regard.
– Ah ok… D’accord, eh bien contente de t’avoir fait gagner ton défi… Je vous laisse à vos jeux !
Je suis planté là comme un con à ne plus savoir quoi dire ni même quoi faire !
– Oh mec tu m’entends ?
Quand je reprends mes esprits de ce regard hypnotiseur, la belle n’est plus là…
– Oui, oui je t’entends frère… Je crois que je suis amoureux…
CLAC !
Le bruit de la porte d’entrée qui claque me sort de mes souvenirs.
– Bon vent ! Parlé-je à voix haute.
Je me demande ce qu’elle est devenue après tant d’années… Est-elle Mère, mariée, célibataire ?
Je prends ma tablette et je recherche sur les réseaux sociaux une possibilité, même infime soit-elle, de la retrouver !
« Soline Adams »
– Bingo ! Parmi les multiples comptes, je viens enfin de retrouver mon premier amour…
Elle est toujours aussi belle que dans mes souvenirs.
Je ne perds pas de temps et lui envois un message.
« Crois-tu aux signes ? »
« Tulululute
La sonnerie de mes notifications de mon compte du réseau social sur lequel je suis inscrit, vient de retentir et résonner à travers tout mon salon. Je finis de prendre ma douche relaxante avant de courir, pour tenue juste ma serviette qui recouvre l’ensemble de ma virilité, jusqu’à mon ordinateur qui fait exprès est un étage en dessous.
– Aie ! Maudite table ! Mais qui a eu la bonne idée de te mettre ici ! Je lance des jurons dans tout mon salon, je viens de m’artruger le petit orteil de pied et le droit en plus, dans le pied de la table basse en verre laquée. Je jette ma curiosité sur mon écran, bien trop pressé, je vous l’accorde, de savoir qui vient de m’écrire en espérant au fond de moi que ce soit la réponse tant attendue.
Je m’approche un peu plus près de mon bureau et je prends place dans mon fauteuil qui est devenu mon meilleur ami par temps pluvieux. Soudain, mon cœur se met à cogner aussi vite que la tonalité d’un tam-tam et mon sang ne sait plus trop s’il doit passer à droite ou à gauche quand j’aperçois mon messenger ressembler à un sapin de noël.
J’avale une grande gorgée de ma boisson caféinée encore fumante, l’odeur et l’arôme du café me réveillent d’avantage que ma douche. Le liquide chaud me coule dans la gorge et limite me brûle davantage néanmoins, je ne m’en soucie guerre plus que ça. Je saisis ma souris pour faire naviguer le curseur sur la fenêtre qui se la joue « panneaux de signalisations ». Ma main droite commence à trembler légèrement, de peur que la femme de mon cœur m’ait répondu un juron tel qu’il soit. Je reste figé devant cette fenêtre des minutes entières à me torturer l’esprit.
« Soline Adams »
Ce nom me hante, je ne sais plus ce que je dois faire.
– J’ouvre… Je n’ouvre pas… J’ouvre… Je n’ouvre pas…
Je me répète ces mots à haute voix une multitude de fois durant des secondes qui me paraissent une éternité.
« Bon ! Tu vas finir par l’ouvrir et le lire ce maudit message oui ! »
OK ! Même ma conscience se réveille ! Seulement, elle ne m’aide pas beaucoup sur ce coup-là !
J’avale mon café d’une traite, bien trop nerveux et emplis d’appréhension face à tout ça. Une semaine a passé depuis l’envoi de mon message… Et si elle m’écrivait juste pour me dire d’aller me faire foutre ou pire, si elle m’annonce que les signes ne sont que de la pure connerie et invention de notre cerveau… Et si elle me dit qu’elle est en couple… Et…
« Bon si tu ne le lis pas ce message tu ne le sauras jamais alors clique sur ce maudit clignotement qui va finir par me faire loucher à force ! » Se manifeste ma conscience d’une colère noire.
Bien que ma voix intérieure me rappelle à l’ordre, je n’en tiens pas compte et je décide de relire une de ses lettres qui traînent à côté de mon ordinateur. Elle sent encore son parfum.
« Septembre 2001 :
Évan, Mi Amor…
Ces deux mois passés avec toi ont été les meilleures vacances de toute ma vie… Bon d’accord, j’exagère peut-être un peu. Néanmoins, j’étais tellement bien avec toi, cette nuit-là dans tes bras sur cette plage… C’est cette nuit-là que j’ai vu l’enfance s’envoler pour devenir une femme, où je t’ai donné la clé de mon cœur et de mon âme. Que je t’ai laissé me découvrir nue dans cette eau où nos deux corps ne formaient plus qu’un et qui ont fini par s’embraser… Ce moment était magique. Gravé comme notre symbole pour l’éternité… Je ne regretterais jamais cette première fois avec toi. Au moment où je t’écris, je n’ai envie que d’une chose, c’est de mettre un terme à mes études et mon école d’art pour te rejoindre…
DING DONG ! DING DONG !
– Ah ! Mais qui peut bien venir me faire chier un samedi matin de si bonne heure !
DING DONG ! DING DONG !
– Oui ! C’est bon j’arrive ! Crié-je à plein poumons, un peu agacé d’être dérangé en pleine lecture de ma lettre. Tout un tas de nom d’oiseaux et de jurons sort de ma bouche et je râle de plus belle.
DING DONG ! DING DONG !
– Oh c’est bon là, j’ai dit que j’arrivais ! Pas la peine de s’acharner sur cette maudite so…
Je n’en crois pas mes yeux et mon cœur vient de faire le grand saut à l’élastique.
– Nette… Finissé-je de dire pendant que je continuais d’ouvrir la porte.
Je reste muet sans bouger comme enraciné dans le carrelage de mon palier, pendant des secondes puis je reprends possession de mes esprits…
– C’est un rêve c’est ça ? Dont je vais me réveiller… Murmuré-je dans une vois étouffée.
– Bingo !
Je fais des gros yeux interrogateurs.
– Te connaissant bien, je savais que tu allais être tout juste sorti de ta douche !
Je reste planté là comme un con, avec aucun son qui ne sort de ma bouche. Je me demande d’ailleurs si je ne dors pas encore.
– Bah alors ! C’est comme ça que tu accueilles ton vieux frère ? Se marre-t-il en me tapant sur l’épaule gauche d’un léger coup de poing qui dans le passé était habituel.
– Kyliann ? Mais que fais-tu ici ?
Là, je reste sur le cul de voir mon pote débarquer chez moi, qui plus est, de bonne heure un samedi matin.
– Ha, bah « sympatoche » l’accueil mon frère ! Il fait mine de bouder, comme il sait si bien le faire, puis me fait une accolade fraternelle.
– Non, non je suis super-ravi de te voir, seulement ça fait bien deux ou plus que l’on ne s’était pas revu… Et je t’avoue franchement que je ne m’attendais pas à te voir ici, un samedi matin de bonne heure sur mon palier.
– Et ouais frère, le temps passe ! Il paraît que c’est ça une surprise ! Cependant, j’ai une autre bonne surprise.
– C’est…
Il ne m’en laisse pas en placer un et il enchaîne.
– Nous allons de nouveau nous voir tous les jours ! Crie-t-il d’une voix euphorique.
Kyl me sourit de toutes ses dents. Que me réserve-t-il encore après tous ces mois où nous ne nous étions pas revus sans pour autant avoir coupé le contact ? Avec Kyl, je peux m’attendre à tout !
– Comment ça se voir tous les jours ? Tu vas travailler dans la région ?
– Hum ! Répond-il.
Quand il se touche sa barbe naissante, ce n’est jamais bon signe.
– Oui ! Mais mieux que ça !
Je l’avais dit !
– Heu…
– Je vais devenir ton nouveau voisin d’en face ! C’est trop cool, n’est-ce pas ?
Alors là, je ne m’attendais pas du tout à entendre ça.
– Vraiment ?
– Oui, on emménage dès les jours à venir ! Enfin, nous avons déjà les clefs, c’est d’ailleurs pour ça que je suis venu mais on attend, le temps que les papiers de mutations soient en règles.
OK ! Dites-moi que je rêve ! Kyl est très gentil, néanmoins, il peut parfois se montrer un peu trop envahissant et… Casse burnes ! Niveau physique nous sommes à l’opposé. Kyl fait la même taille que moi, c’est-à-dire 1 m 83, en revanche nous n’avons pas la même carrure. Lui est plutôt du genre armoire à glace et moi une carrure musclée mais sans plus, juste ce qu’il faut ! Il a les yeux bleus et les miens sont de couleur noisette. Kyl est brun ténébreux et je suis blond. Comme je le disais, totalement opposé… De plus, Kyliann peut s’avérer être un peu exubérant dans le genre : « Évan, frère, quand est-ce que tu vas reprendre le sport ? » ou bien « hey frère, ce n’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre, laisse faire le pro ». Soudainement, un mot dans sa phrase m’interpelle !
– On ?
– Oui, avec ma fiancée et sa fille, qui d’ailleurs a été mutée ici, en tant que professeur de danse, dans le lycée où tu travailles.
– Ah ! Vraiment ? Je n’ai pas fait attention que « Miss Balai dans le cul » allait une fois de plus être remplacée.
Allons bon, que sa conjointe que je ne connais pas, va être amenée à travailler avec moi, dans mon gymnase. Depuis que je suis passé entraîneur coach sportif pour les Reven’s après ma chute qui s’est avérée un obstacle dans ma carrière de basketteur, où mon genou et ma cheville ont été gravement touchés, j’ai dû voir au moins trois remplaçantes, si ce n’est plus, de « Miss balai dans le cul ». Néanmoins, jusque-là ce n’était que des petits remplacements de quelques semaines. Je vois que Kyl est mort de rire devant moi à l’annonce de « Miss balai dans le cul ».
– Bah alors ! Respire vieux ! M’exclamé-je dans un rire incontrôlé.
– Oui, enfin, évite de sortir ce genre de connerie aussi. S’esclaffe Kyl en levant les yeux au ciel.
– Bon OK ! Je vais essayer ! Sinon ça te dit de rentrer boire un café ? Sauf si ta femme t’attend !
– Avec plaisir mec ! Non ne t’inquiète pas, elle est chez une de ses meilleures amies. Tu connais les bonnes femmes et leurs mauvaises manies de bavarder pire que des pipelettes.
« Oh que oui je le sais »
– OK ! Donc rentre, tu connais la maison !
– Ah que oui ! Qu’est-ce qu’on a pu en faire des soirées ici !
« Ah le bon vieux temps »
– Alors et toi, raconte ! Une femme dans ta vie ?
« Nous y voilà… »
– Oui, enfin, non ! J’ai rompu, enfin, c’est elle qui a rompu car nous étions trop différents et pas du même monde. Nous n’avions pas les mêmes centres d’intérêt… Menté-je volontairement à Kyl.
Je ne m’étale pas plus car mis à part Lucas et Roman, mes deux meilleurs potes depuis plus de 17 ans ainsi que mes voisins et ancien colocataires, personne n’est au courant pour mon obsession pour mon premier amour ; Soline. Bien que nous nous écrivions plus depuis neuf ans maintenant. Notre histoire d’amour n’a duré que deux mois et pour tant c’est comme si elle existait depuis une éternité. Deux mois de pur bonheur. Deux mois de complicité. Ensuite on ne s’est plus vu, en revanche on a continué à s’écrire pendant cinq mois et ensuite sans savoir pourquoi, plus rien… Plus une lettre, plus un message ni même un appel… Mais moi je ne l’ai jamais oublié…
***
– Bon Mec, ce n’est pas que je m’ennuie mais vu le temps je ferais mieux de partir car j’ai de la route à faire.
– Je comprends, je n’avais pas vu le temps passer.
– On aménage mercredi normalement, tu auras qu’a passé pour nous filer un coup de main et je te présenterais ma petite famille.
Je réfléchis une fraction de seconde.
– Mercredi ? D’accord, pourquoi pas ! D’autant plus que je ne bosse pas ce jour-là.
– Cool, alors à mercredi frère.
– À mercredi…
Une fois mon ami reparti, je reviens devant mon ordinateur qui forcément n’a pas échappé à la coupure de courant provoqué par l’orage et s’est donc éteint. Je le redémarre et pendant qu’il se rallume, je profite d’aller faire une vidange de ma vessie car le café c’est bon, seulement ça à aussi ses inconvénients ; ça fait pisser !
Je me resserre une énième tasse de café. Mon PC, vient enfin de me dire un semblant de bonjour. Je m’empresse d’aller sur mon compte Friends-Book, je sens mon cœur prêt à sortir de ma cage thoracique à la vue de la couleur bleue qui clignote en bas de mon écran. Je clique enfin dessus et je lis :
« Et toi ? »
A suivre…
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