Andrew

— Je t’ai déjà dit que les petits plats n’allaient pas ici ! Mais comme toujours, tu n’écoutes rien de rien ! Tu m’énerves !

Andrew ne répondit pas à Kate, non pas car il n’en avait pas envie mais parce-que justement, il savait que c’était inutile. Il ne souhaitait pas envenimer la situation plus dure qu’elle ne l’était. Alors Andrew, partit dans le couloir de l’entrée, où y trônait un porte manteau de couleur marron, enfila son blouson, s’emmitoufla dans son écharpe prêt à affronter la saison hivernale qui s’installait doucement mais sûrement.

Des pleurs commencèrent.

La porte se ferma.

 » Kate, mon ange si tu savais combien je t’aime  » pensa Andrew en prenant le chemin en direction d’une petite chapelle.

À cette heure de la soirée, il faisait frais voir même, il commençait à faire froid. La ville était plongée dans une parfaite harmonie de lumière.
Des décors lumineux étoilés,étaient posés sur chacun des lampadaires de la rue. Près de la chapelle, le traîneau du père Noël y avait pris place. Le mois de Novembre était tellement beau la nuit, une fois que toutes les lumières scintillaient de mille feux.

Andrew passa devant ce père Noël pour la sixième fois depuis deux semaines et demi.
Pour la sixième fois, il rentra dans cette petite chapelle et pour la première fois il alluma un cierge, ferma les yeux et pria en silence…

Andrew pria pour la première fois depuis cette nuit où il avait poussé son premier cri. Sa mère avait pourtant bien essayé d’en faire un enfant de choeur, un enfant de dieu, espérant le voir porter une de ces robes blanche ceinturée pour sa communion, tenant un cierge dans une de ses petites mains, recevant le corps du Christ, néanmoins c’était peine perdue car le petit Andrew, lui, en avait décidé autrement…

Mais cette fois, il se résigna à contre dire sa défunte mère qui lui manquait terriblement, elle, qui était douce et aimante avec son fils, si gentille et la main sur le coeur avec ses amis mais devenue un ange il y a de cela sept ans maintenant… La maladie avait emportait sa maman, sa reine, en seulement quelques mois. Il se souvint qu’elle n’était plus elle-même dans les dernières semaines, elle était devenue acariâtre, aigris mais n’en avait nullement conscience. Les petites pilules colorées ne faisaient plus trop d’effet, elles n’étaient plus bénéfiques mais elles changeaient sa douce maman en une dame froide et âgée, marquée par la vie et les soucis mais surtout par ce satané cancer qui la rongé de l’intérieur. Ce cancer qui s’était généralisé ne laissant que très peu d’espoir et qui envoya finalement sa reine blanche rejoindre les cieux pour devenir son ange, deux jour avant la naissance de Jésus, deux jours avant cette période qu’on appelle Noël… Et dans un sanglot, il avait pris la main de sa bienfaitrice pour lui dire un dernier au-revoir.

— Vole ma douce maman, vole ma douce reine blanche, vole vers le ciel et devient mon Ange-blanc, mon ange-gardien… Je t’aimerai à jamais pour l’éternité…

Andrew prononça cette phrase avec la gorge nouée et le coeur en lambeaux… Sa reine blanche, comme il aimait à la surnommer depuis petit, était à présent son Ange-blanc …

Sur ce doux mais douloureux souvenir, Andrew se dirigea vers la statue blanche représentant un ange, s’agenouilla face à elle, entrelaca ses mains devant son buste et son regard fixant l’ange, il pria…

— Mon Ange-blanc, si tu m’entends, fait en sorte que ma colombe, ma princesse, souveraine de mon coeur, ne te rejoigne pas avant cette date noir qui a noircit mon coeur durant des années quand l’ange-noir t’as arraché à moi… Tu vois maman, aujourd’hui je prie le ciel qui m’entende pour que ma fiancée ne fasse pas le grand voyage vers l’au-delà avant qu’elle soit mienne à jamais pour l’éternité… Car, oui, maman… J’ai demandé à Kate de devenir ma femme et tu sais quoi, maman, elle a dit oui, elle m’a dit oui avec des étoiles dans les yeux et des diamants étincelants qui débordaient de son regard prêts à se dissoudre pour parcourir ses joues et mourir sur ses lèvres …
Andrew eut une larme qui menaçait de couler mais il poursuivit en gardant les mains croisées mais baissa la tête et ferma les yeux.

— Tu l’aurais vu, maman, elle était tellement belle quand elle m’a dit oui, elle était tellement émue, tellement rayonnante. Je sais que tu l’aurais aimé, maman, car moi je l’ai aimé dès la seconde ou j’ai croisé l’ambre de ses yeux. Cette couleur qui à présent s’est assombris par la maladie… Cette maladie qui est devenu un fléau dans notre couple mais je l’aime alors je ne montre rien, je souffre en silence, maman, et aujourd’hui je viens me confier à toi, je viens te demander le seul voeu que je souhaite, juste une chose maman… Juste une. Que Kate vive ce dernier Noël avec moi et qu’il soit inoubliable … Gravé dans nos coeurs …

Andrew continua de se confier à cette ange, sur les aléas de la vie de ces sept dernières années …

Il lui raconta comment il avait rencontré Kate et combien il était tombé amoureux lorsqu’il entendit le grain de voix de la pétillante jeune femme. Il lui conta qu’il avait charmé sur du Richard Cocciante, qu’il avait osé lui prendre la main, lui qui avant était un brin timide et qu’il lui avait chanté les paroles les yeux dans yeux sans jamais faillir du regard … Il lui confia tout ce qu’il avait sur le coeur…

Andrew se releva et avant de partir de la petite chapelle, Andrew prononça une dernière phrase à la statue représentant un ange.

— Accorde-moi seulement jusqu’au 25 décembre… Passée cette date, tu pourras la pourvoir de deux ailes blanches …

Il essuya le liquide salé, qui s’écoula, d’un revers de la main et quitta la chapelle.

 » Kate, ô Kate ! Je t’aime tellement, je remercie le destin de t’avoir mis sur mon chemin … »

Oui, Andrew aimait Kate mais le destin, lui, était écrit autrement …

Avant de rentrer, Andrew eut une idée qui -il le sait – ne pourrait pas laisser Kate de marbre.
**

— Oui ! Très bien, merci je vais passer les chercher. À tout de suite !

Aussitôt raccroché, Andrew s’empressa d’aller chercher ce qu’il avait commandé à la boutique de luxe prestige…

Il sut au fond de lui que sa dulcinée allait adorer, allait sourire devant cette surprise… Qu’elle allait retrouver ce pétillant que l’ange des ténèbres lui retirait un peu plus chaque jour qui passait depuis trois ans, avec cette peur qui l’habitait chaque fois qu’il rentrait du boulot. Cette peur de trouver sa fiancée étalée sur le sol, inerte et sans vie, froide comme la glace.
Cette peur de ne plus jamais voir ce sourire dont il tombait encore plus amoureux chaque seconde qui passait auprès d’elle.
Cette peur de ne plus pouvoir entendre sa merveilleuse voix qui l’avait envouté dès les premières notes.
Cette peur de ne plus se réveiller à ses côtés et de la regarder dormir, tel un ange, son ange… si pur mais si fragile …
Cette peur de ne plus pourvoir lui dire qu’il aime et qu’il aimera pour l’éternité.
Cette peur qu’elle ne puisse pas lui dire, oui …

Oui, Andrew avait peur chaque seconde, chaque minute, chaque jour pour Kate mais il ne le faisait pas voir. À l’inverse, il essayait d’être présent pour elle sans pour autant trop la couffiner…

Sur le chemin de la boutique, Andrew Chantonna un refrain qui lui dessina un sourire remplis de souvenirs. C’était sur cette chanson qui demanda la main de sa belle. Il se souvint de ce jour comme si c’était hier bien que ce soit un souvenir datant d’y avait un an.

Il portait un smoking noir qui s’harmonisait avec une chemise d’un rose pâle. Il avait réservé dans un restaurant, une salle rien que pour faire sa demande devant leurs familles et amis. Aline, fut la complice d’Andrew pour ne pas que Kate, se doute de l’immensité de bonheur qui n’allait pas tarder à la submerger. Pour l’occasion, Andrew avait acheté à sa princesse une robe rose pâle pour s’unir à la perfection avec sa chemise.
Quand elle arriva au restaurant, il ne vit qu’elle, elle était si rayonnante, si magnifique, si belle… Elle était une princesse. Sa princesse.

Il s’avança près de sa belle et posa un genou au sol. Il lui pris la main, lui déposa un doux baiser dessus et commença à lui déclarer sa flemme.

— Aime-moi comme tu es, aime-moi comme tu sais … Kate, soit mon soleil du matin et la lune qui m’éclaire le soir avant que je m’endorme. Partage mon lit mais aussi ma vie et non juste mes nuits. Je veux pouvoir te voir vieillir à mes côtés. Kate, ma princesse, devient ma femme officiellement, devant témoin.

Andrew fouilla dans sa poche de costard et en sortit une petite boîte bleu marine. Il ouvrit et poursuivi.

— Kate, veux-tu vieillir avec moi et supporter mes mauvaises manies de laisser mes chaussettes décorer le sol, de te réveiller dans mes bras chaque matin, de me laisser veiller sur toi …

Andrew, saisi la bague qui étincelait de mille éclat et la fit glisser sur le doigt fin de sa futur femme.

— Kate, mon ange, veux-tu m’épouser ?

C’est en larmes que Kate répondit un grand OUI à l’homme qui était entré dans sa vie il y a deux ans maintenant…
Les paroles résonnèrent dans tout l’habitacle et firent battre la chamade au coeur d’Andrew.

(Brut et non corrigé )

( A suivre … )

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