2. Ruby

Ma respiration s’accélère. Je suis décontenancée. J’en veux plus, beaucoup plus.

 » Tu joues avec les flammes Rubynniennes là ! « 

Tant pis ! Trop tard. Je sens ses mains me parcourir la peau sensuellement. Son souffle se poser délicatement sur ma peau en parcourant chaque parcelle de mon épiderme…
Des décharges électriques s’intensifient dans le bas de mon ventre.

Il effleure mon cou de ses mains légèrement tremblantes. Me dépose une multitude de baiser le long de ma nuque jusqu’à la naissance de ma poitrine. Racer fait courir ses mains sur mon corps. Il remonte légèrement jusqu’à la bretelle de ma robe, laisse glisser la première pour dénuder mon épaule. Il pose un doux baiser.

« Tu vas te brûler« 

Je ne me préoccupe pas des mises en garde de ma voix intérieure. J’ai attendu ce moment depuis tant d’années. Ma nuque se retrouve à changer de position doucement mais sensuellement pour que sa langue glisse sur ma peau et me parcourt. Il émet des petits bruits à peine audibles, qui arrivent à se différencier de sa respiration saccadée et  se frayer un chemin  jusqu’à mes oreilles, néanmoins j’arrive à déchiffrer quelques mots.

— Tu. .  rends…fou…de toi…

« Aie… »

Moi aussi, il me rend folle de lui. Je n’arrive plus à mettre un frein à cette passion volcanique bien que destructrice…

À présent ses doigts parcourent mon cou. Je le sens jouer avec la chaîne en argent qui habille ce dernier.

Subitement, je sens qu’il se stoppe net.
Racer me dévisage, il reste impassible même si son regard se noircit.

— C’est quoi ça ?

 » Oh, non… pas ça. « 

Il tient entre ses doigts, mon pendentif qui représente un V… Je le vois resserrer sa mâchoire et se détacher de moi.

« Pas bon … »

— Je …
— Tu te fous de moi, Ruby ?
— Gaby…
— Racer ! Mon prénom, c’est Racer !

 » Vraiment pas bon… »

J’ignore ma conscience et je me mords la langue pour éviter de ne répondre une sotise qui pourrait me coûter cher.

— Lai…
— Stop ! Je ne veux plus rien entendre venant de ta bouche. Tu me demandes de te rendre des comptes, alors que toi la première, tu n’es pas fichue de me dire – une fois de plus – la vérité !
— …
— Je t’ai connu plus joueuse, certes mais moins naïve …

Rha ! C’est bien un mec, hein ! Quand il a décidé de faire son matcho, viril et têtu, c’est jusqu’au bout… pas moyen de placer un mot.

 » Je serais toi, je me la bouclerais coyotegirl… »

Ah ! Toi, je ne t’ai pas demandé de ramener ta poire, hein !

— Punaise mais laisse-moi en placer une, merde !

Je retiens mes émotions. Il ne faut pas que je pleure. Je ne veux pas lui laisser entrevoir quoi que ce soit…

— Pour dire quoi ? Des mensonges ? Encore et toujours… Non ! Sans façon !

Il se braque et quoi que je dise je n’aurais pas le dernier mot. « Pas le choix, ma petite Ruby, tu dois t’avouer vaincue…   » Pff, voilà que je me parle à moi-même à la troisième personne maintenant…
Il y a rien à faire, la colère se propage doucement et fait prendre de l’ampleur à toutes ses veines qui ressortent.

 » En même temps,  à force de jouer, on finit par perdre… « 

Mais qu’est-ce qu’il me prend d’agir de cette façon ? Qu’est-ce qu’il m’a pris de vouloir le défier comme lorsque nous étions des gamins qui rentraient doucement dans l’adolescence ? Je savais pourtant, que quoi que je fasse, quoi que je dise, je perdrais d’avance. C’était même sûr …

Clairement, la passion qui me possède et me consume quand je suis avec lui, est bien plus vaste que je ne l’aurais pensé. Alors que mon entre-jambe frétille d’envie, il s’éloigne encore plus de moi et fini par sortir de sa voiture. Il fait claquer sa portier ce qui m’arrache un sursaut.

 » Quoi ? Il sort et tu ne bouges pas ? « 

Ma petite voix a raison, je ne peux pas rester sans rien faire, à rester là, comme une demeurée à ne savoir quoi faire pour le calmer. Je décide de sortir de la voiture pour le raisonner. Je suis toute pantelante, mes hormones prennent le dessus, néanmoins il faut que je les calme car elles ne sont pas prêtes d’atteindre le nirvana ce soir. Plus maintenant…

— Racer …
— Ne dis plus rien… Il vaut mieux…
— Ça ne …
— Tais-toi ! Je m’en remettrai…

Il s’éloigne encore plus et je peux l’entendre murmurer la fin de sa phrase… « Une fois de plus… « 

Pourquoi a-t-il fallut que je le défi encore et encore pour finir par le provoquer comme il y a 10 ans ? D’autant plus que ça a pris une tournure dont j’étais loin de m’imaginer… De le voir dans cet état me ramène dix années en arrière…

— Qu’est-ce que tu fous avec lui ?
— Oh ! Comme c’est mignon. Voyez-vous ça, mon CoyoteBoy est jalou. Si je me serais doutée de ça, jamais…
— Je n’ai jamais dit ça ! Seulement, je ne vois pas pourquoi tu es avec ce glandus !
— Alors, prouve-moi que je compte pour toi. Prouve-moi que tu me veux vraiment !
— Comment ça ?
— C’est simple, donne moi une preuve que tu es prêt à défier tes propres peur pour m’avoir…
— C’est à dire ?
— La seule chose qui te rendais vivant et libre…
— Quoi ? Non ! Tu ne peux pas me demander ça !
— Alors, tant pis… Je resterais avec lui…

Je l’observe minutieusement et je perçois qui resserre sa mâchoire, son regard est noir de jalousie, ses points se referment. Je sais qu’il le fera car ce mec est prêt à tout pour me prouver que son coeur m’appartient…

— OK !
— Parfait ! Rendez-vous demain soir, sur la route de l’enfer …
— J’y serais !

Sans plus attendre un instant, je lui dépose un baiser des plus brulant qui signe notre pacte… En une seconde je me retrouve désarmer face au seul homme qui me fait sentir vivante … 

Je sors mon portable de la poche de mon jean et j’envoie un message à contre coeur…

[ C’est bon, il sera là, demain, comme convenu au rendez-vous… ]

Mon téléphone ne tarde pas à sonner deux fois de suite. Une fois pour me prévenir que mon interlocuteur a bien reçu le message et une deuxième fois pour me signaler que j’ai reçu un message.  Je ne tarde pas l’ouvrir bien que je connaisse le correspondant. Pour autant je ne réponds pas…

[ Bien ! Continue de lui faire croire que tu t’intéresses à lui et que tu veux être avec lui… Ne me déçois pas cette fois ! N’oublie pas… Tu es à moi ! ]

Je m’en veux de lui faire subir cela mais je n’ai pas le choix… C’est soit lui, soit moi…

 » Pardonne-moi pour ce que je m’apprête à faire, Gaby … « 

Une musique de reggaeton résonne au loin. Je ne cherche pas à savoir d’où ça vient car je connais déjà la réponse. Comme prévu, Racer est au rendez-vous au volant de sa Chevrolet Camaro yenko, qui je dois bien l’avouer, envoie du lourd.

Je roule des hanches jusqu’à sa voiture et me penche au dessus la vitre pour le saluer, lui laissant une vue panoramique sur mon décolleté.

— Hey ! Salut bogoss. Elle claque ta caisse, dis-moi.
— Salut beauté. Merci. Oui, j’avoue que c’est un joli bijou…

En parcourant l’intérieur du regard, je m’aperçois que sa main sur le pommeau de vitesse subit encore les conséquences de son angoisse la plus profonde : La vitesse…

Depuis l’accident de son père, Racer a nourrit une peur pour la vitesse. Il n’a pas refait de courses sauvages depuis plus de quatre ans… Pour être sincère, je ne suis même pas sûre qu’il soit prêt… Pour autant, je continue de jouer mon rôle.

— Viens, je t’offre une mousse.
— Tu n’es pas sérieuse là ?
— C’est bon, détends-toi. Une bière ne va pas faire éclater ton seuil d’alcoolémie… Si ?

Racer reste songeur. Il se tâte la nuque et se mord la lèvre inférieure.

 » Oh mon Dieu, ce qu’il est sexy quand il fait ça… « 

— Bon.. OK ! Mais une bière, pas plus.
— Promis beau brun.

Je lui affiche mon plus beau sourire, celui dont aucun mec ne peut y résister. Il sort de sa voiture, m’attrape par la taille et on se dirige direction le bar qui borde la route 66 – dont le père de Racer surnomait  » la route de l’enfer  » – à l’écart de la superbe Camaro rouge de Racer …

— Bon ! Tu grimpes où je te laisse ici ?

La voix de mon beau brun me ramène au présent, sur le bord de la route 66, là où il a freiné subitement lorsque je l’ai défié… Il est au volant de sa Dodge, le regard noir de rancoeur et la main sur le levier de vitesse qui bat la mesure d’agacement.

— Euh ? Tu n’es pas vraiment sérieux quand tu dis ça  ? Tu ne me laisserais pas ici ?
— Vu l’amertume que j’ai envers toi… Si !

 » Un conseil, tais-toi et exécute, si tu ne veux pas te retrouver à rester sur le bord de cette fichue route … « 

— OK… C’est bon… J’arrive.
— Alors, magne ton boule !

Je ne perds pas de temps à rétorquer et je m’affaire à monter dans la voiture sans prononcer un seul mot… Subitement je prends conscience que je suis partie en quittant mon bar sans même prévenir un de mes serveurs…
Et forcément, une fois n’est pas coutume, je suis partie sans prendre mon téléphone avec moi qui est resté derrière le comptoir.

Racer reste le visage fermé sans qu’aucun mot ne franchisse la barrière de ses lèvres… On avale les miles aussi vite qu’on les a parcourus à l’aller. Racer se gare devant le Spicy’s dans un silence de plomb. Je n’ai pas envie de faire ma maligne et aggraver l’ambiance morose plus qu’elle ne l’ait déjà.

— Sors …
— …

Il me jette ce simple mot sans même me regarder.

Je descends de la voiture sans rétorquer ne serait-ce qu’un seul son qui pourrait embraser la colère de Gabriel et je me dirige vers mon établissement jusqu’à complètement disparaitre de son champ de vision…

Je sens une main me saisir le bras et la voix qui va avec, me met direct sur la piste de l’identité de la personne.

— Ruby, ça fait une heure que je te cherche. Bordel tu étais passée où ?

 » Oh non… « 

Je l’avais complétement sorti de ma tête celui-ci.

— Je … J’avais besoin de prendre l’air et de marcher un peu. J’ai juste oublié de prendre mon portable avec moi et je n’ai pas vu le temps passer…
— Ne me refais plus jamais ce coup-ci !
— Oh ! C’est bon là, j’ai le droit de souffler aussi. Je te rappelle que je suis majeure et vaccinée !
— Et moi, je te rappelle que tu me restes redevable …

Vince écrase ses lèvres qui puent le whisky sur les miennes. Je baisse la tête quand je vois Racer passer les portes battantes en direction d’Alan et d’Améthyste…

 » Là, ça craint… »

— Tiens, tiens … Voyez-vous ça. Quelle surprise ! Gabriel, mon cousin, comment vas-tu depuis toute ces années ?

Sur l’action, je prie le ciel pour ne pas que Racer fasse allusion à une quelconque virée imprévue en bagnole…

*****
Aïe, là … Ça pue 😱

D’après-vous ? Baston ou pas baston ?

Bisous de moi 😘😘😘

******

#brutNonCorrigé

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